jeudi, septembre 20, 2007

Bonus in the City - The B-Word in the B-World at the B-Time

Casque lourd sur la tête, cartouches d’arguments autour de la ceinture, Blackberry au clair et spreadsheet chargée en main, la période des budgets commence dans la City (par extension Canary Wharf et Mayfair)!

Pourquoi une accroche aussi violente et guerrière pour aborder le sujet des Bonus dans l’univers des Banques (d’investissement) au moment de la préparation des Budgets ? C’est assez simple. Dans la City les gens travaillent toute l’année non pas pour gagner leur « maigre » salaire mensuel (qui finance tout juste un train de vie dispendieux, une épouse panier-percé et le plein d’essence du gourmand bolide), mais pour leur bonus. Dans certains métiers, celui-ci se chiffre en multiple du salaire de base (3x-10x), dans d’autres moins gâtés en pourcentage (20%-200%), pour d’autres encore « the sky is the limit » (cette bonne veille et détestable expression de la City!). On comprend donc que la lutte sera rude et le combat sans merci !

La préparation des budgets est le moment ou les managers (appelés MD pour Managing Director) regardent dans le rétroviseur et consultent leur boule de cristal afin d’envisager les revenus futurs de leur activité. C’est à ce moment que tout se décide; lorsqu’ils présentent à leur supérieur leurs réalisations et leur vision du futur. Sur cette base le supérieur va se poser la question suivante : « combien doit-je céder de mon propre bonus aux personnes que je dirige afin de maximiser ma rémunération dans les années a venir »? La question peut paraître tordue mais c’est la question que se posent la plupart de ceux qui ont à repartir une partie du « bonus pool » (traduction – l’enveloppe total des bonus).

Pour bien comprendre : la finance à Londres est un marche de main d’œuvre et cette main d’œuvre n’est disponible qu’en quantité limitée. Pour générer de l’activité, il suffit de mettre les bonnes personnes aux bons endroits de l’organisation. En règle générale, les salariés restent dans l’organisation tant que l’on répond à leurs besoins selon les priorités de la pyramide de Maslow. Dans la finance cette pyramide n’a qu’un triste niveau : le nombre de zéros du bonus de fin d’année… Le supérieur et en dessous de lui, le manager, doivent donc s’assurer que les bonnes personnes resteront dans l’organisation.

C’est à ce moment que la bataille s’engage, tous ont intérêt à laisser penser qu’ils sont les bonnes personnes afin de maximiser leur nombre de zéros. Les armes pour arriver a leurs fins sont diverses et variées :
- intenses séances de relations publiques (« Salut ca va ? Comment vont tes enfants ? »),
- la menace (« c’est le 4eme chasseur de têtes qui m’appelle ce matin, je ne sais pas ce qu’ils ont aujourd’hui! »),
- la preuve a l’appui (« j’ai apporté tel client qui a génèré XXm€ » ou bien « c’est moi qui ai senti la vol. remonter, le 21 juillet » - traduction = « le plus gros coup de l’année c’est grâce a moi »-),
- le dénigrement (« c’est machin qui nous a fait perdre le deal YY a Dubai »),
- l’action de masse (« tu as entendu parler de la rumeur, tout le desk de BB a été approché par la Smith & Bidule qui souhaite développer cette activité »),
- et enfin a l’usage des supérieurs MD uniquement, la bombe atomique (« tu sais maintenant j’ai 43 ans, je ne suis plus tout jeune, je viens d’acheter cette petite maison en Toscane – comprendre énorme château de 25 chambres - et je me pose des questions »).

A la fin du B-Day (un vendredi pour être certain de ne pas perdre une semaine en vaines palabres), il est de bon ton de se montrer déçu, mais que « ça va aller ». Les plus jeunes des tres chanceux repassent chez Porsche pour confirmer leur commande, les vrais déçus rappellent leur chasseur de têtes et les autres se disent que vraiment seuls les footballeurs perçoivent autant d’argent.

A ceci prêt que cette année, crise du crédit aidant, les premiers estimations seraient de 15% a 25% inférieures a 2007. Personnes ne pleurera… dans la vrai vie... en dehors de la City…


Je tiens a rassurer le lecteur de ce blog, je regarde cette lutte avec un air détaché, me dit que ma vie de petite fourmi est très bien comme cela et que la meilleure façon d’être heureux c’est peut etre de tenir une boutique de réparation de bicyclettes (alternativement une mercerie ou un magasin de pêche a la ligne) a l’ombre des platanes sur la place d’un petit village du sud de la France.

2 commentaires:

Laurent Bervas a dit…

Clap Clap c'est en effet un TRES bon billet.

Monsieur Glob a dit…

Un GRAND merci!! A très bientôt Laurent.

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