vendredi, septembre 28, 2007

Duveen – Le maitre des vendeurs de tableaux

J’ai entamé un petit cycle de lecture sur les grands marchands de tableaux, galeristes et autres commissaires priseurs. Leur rôle dans l’histoire de l’art et la perception du public est primordial et les grands musées de la planète leurs doivent une partie de leurs collections.

Le premier de ces livres, Duveen de S. N. Behrman et Glenn Lowry, traite de la vie de Joseph Duveen, vendeur de chefs d’œuvres parmi les vendeurs de tableaux de la fin du XIXe et du début du XXe. Ce livre truculent est la compilation de petites anecdotes publiées dans la revue amercaine The New Yorker.

Le personnage : un marchand anglais de tableaux qui rejoint le business familiale de vente d’objets d’art a Londres puis a New York. Il est dote d’un pouvoir de séduction exceptionnel, d’un goût très sur (dandy sur les bords), d’une détermination a tout épreuve et d’un flair pour le business remarquable.

Sa force : avoir compris avant tous les autres que les riches américains de son époque ne pouvant prétendre aux titres de noblesse de la vieille Europe pouvaient en revanche s’offrir une lignée par la possession de tableaux des grands maîtres de la Renaissance et des écoles européennes. Plus tard, il leur offrit l’immortalité en les encourageant a faire don de leurs collections aux grands musées américains. Imparable !

Ses faits d’armes : très jeune, il parvient à mettre la main sur trois collections européennes prestigieuses et se constitue alors un stock envié. Toute sa vie, il se spécialisera dans la fourniture de chefs d’œuvres (et uniquement de chefs d’œuvres) aux grands industriels et financiers de son époque. Son nom devient synonyme de pièce d’exception, et ses clients achètent avant tout des « Duveen ». Parmi ses collectionneurs figurent les plus grands noms du capitalisme américain : Morgan, Frick, Altman, Salomon, Rockefeller, Mellon, etc. Les tableaux, sculptures et meubles passés entre ses mains constituent sans doute la collection idéale. Ces œuvres sont a présent au Met, a la Frick Gallery, au British Museum, au Getty Museum… La liste de ces œuvres –figurant en annexes du livre- est impressionnante et je renonce a son énumération ne sachant par ou commencer.

Le livre : plutôt que de faire une autobiographie exhaustive et complaisante, les auteurs se penchent sur les anecdotes, les astuces de marchand, ses procès pour le plaisir, le doute sur l’authenticité de certaines œuvres, son attachement a tout acheter très cher pour revendre plus encore, sa facon de manipuler le marche, son stock, son attachement a l’Angleterre qui le fera Lord, etc.

Les musées US ont beaucoup gagné de Duveen, mais peut être que la veille Europe y a aussi un peu perdu…

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