vendredi, novembre 02, 2007

Sous le Chanel - Karl Lagerfeld


Sur mon vol, la compagnie offrait comme programme de divertissement quelques nanars bienvenus lors d’un long trajet et un petit documentaire vraiment sympathique sur la mythique maison de haute couture Chanel. En cinq parties, ce film de Loïc Prigent offrait au regard du voyageur la création des modèles d’une collection, de l’attente des premières ébauches au défilé.

Je me suis laissé tenter et je ne regrette rien. On y découvre la phase cachée de la mode et de la création. Un processus itératif, inefficace, artistique, non économique ou l’amateurisme est bien plus présent que l’artisanat. On y voit, Karl Lagerfeld en despote inspiré, commandant son ministère et entretenant sa cour, gentilhomme rock & roll du XXIe siècle, précieux mais pas ridicule. On vit l’enthousiasme, les frustrations et la passion des petites mains pour leur métier et on y découvre leur dévotion au maître des lieux, Monsieur Karl.

Mon premier reflex a été de m’apercevoir de l’aberration économique du business model « Maison de couture » et puis je suis allé au bout du film… pour voir le défilé ! Apothéose exceptionnelle, gracieux, artistique, stylé, chic, classique et baroque a la fois. Tout est la ! De ces bouts d’étoffes précieuses, le couturier sublime la femme.

Le reste (media circus, marketing, riches clientes, leverage de l’image de la maison pour vendre toute la sauce – maroquinerie, bijouterie, prêt-à-porter, cosmétique, parfum, etc. – ) n’a plus d’importance. On demande à Karl Lagerfeld de créer du beau, il le fait. La marchandisation de ce beau n’est pas son affaire.

Une marque de luxe n’a a mon avis pas de meilleur moyen que d’entretenir une maison de haute couture pour porter son image. Pour pouvoir se le permettre, il faut comme Chanel être en mesure de décliner la marque dans d’autres domaines.


Note : ce documentaire a été diffusé sur Arte en 2005 et est disponible en DVD ici.

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