jeudi, juin 19, 2008

All doom and gloom around me


Cela fait un petit moment que je n’ai pas posté sur le thème de mon cher environnement de travail : la City de Londres.

Les tours se construisent dans tous les sens autour de nous, les maisons en vente affichent toujours des prix défiants l’apesanteur de notre veille planète et les gens croisés dans le Square Mile ont tous bonne mine. Tout à l’air de bien se passer dans le petit monde de la finance. Et pourtant…

Activité cyclique par définition, l'industrie financière profite des hauts de cycles de façon indécente, mais est violemment restructurée lors des périodes de crise. Bizarrement, les achats de maisons secondaires et autres voitures de luxe attirent plus de couverture médiatique que les licenciements expéditifs et les dépressions de brillants jeunes gens de 35 ans sans avenir. Je vous rassure je ne suis pas la pour tenter de vous tirer une larme au coin de l’œil, juste pour vous montrer qu’en ce moment ça ne va pas terrible terrible.

La crise est bien la. Elle est la depuis l’été dernier. Elle est la pour durer au moins encore un an. Peut-être plus. Les trois piliers de la prospérité Blairienne de ces 4-5 dernières années était l’immobilier et la construction, le crédit pour tous et à bas coût et la finance. Colosse aux pieds d’argile (j’aime bien les expressions un peu cliché !), le Royaume-Uni n’aura pas résisté a la crise.

Concrètement, cela signifie que les banques et autres sociétés financières sont « en mode réorganisation ». On commence par changer les dirigeants fautifs (a vous d’en faire la liste…). On ne s’embête même pas a attendre le rapport du cabinet de conseil (Oliver Wyman, Bain, BCG, McKinsey ou autres) nommé pour assumer une partie de la responsabilité et dans un premier round on supprime tous ceux qui ne sont pas performants ainsi que les pestiférés des départements subprimes, titrisation et autres CDO.

Dans un deuxième temps, on se rend compte que les caisses sont vides car il faut bien constater ses pertes (je ne rentre pas dans les débats techniques de ratio Tier, liquidité et autre Bale II). La démarche est alors simple, on prend un avion pour les pays du Golfe et on organise une grande quête de charité auprès de philanthropes potentiels nouveaux actionnaires pour remettre au pot. Ils conditionnent leur obole à un deuxième round de cost cutting.

Cette fois, on lit dans les rapports des consultants ce que l’on sait déjà. Il faut recentrer ses activités sur ses points forts, briser les « silos » (crées il y a deux ans par ces mêmes consultants), restaurer un model « buy and hold » plutôt que « buy and distribute », réorganiser son « coverage » en cassant, par exemple, sa segmentation ECM (action) et DCM (dette), reconsiderer ses positions risquées et les marker au marché de manière plus rigoureuse, restreindre l’utilisation de son bilan aux clients clés qui feront du M&A et aux books de flux, optimiser ses opérations et son purchasing, rationaliser son IT et ses consultants IT externes… La liste est longue et j’en oublie. Tout ça pour dire que dans ce deuxième round, les têtes continuent a rouler dans la panière et que le mid-management est renouvelé dans toutes les départements.

Nous en sommes la. Où serons nous dans 6 mois ? Mon boss m’appelle, j’espère que je tiendrais encore un peu… Suite au prochain post…

6 commentaires:

mado a dit…

Enfin de retour ! Tes articles commencaient à me manquer (j'ai l'impression de retrouver les conversations de mes anciens colocs, qui trvaillent tous dans le milieu de la finance !!!!) ! a tres bientot !!!

Guillaume.C a dit…

Oui ça me manquait aussi de voir ton flux vide tous les matins. En +, j'ai tout compris jusqu'à la moitié de l'article. Belle perf !

Vonric a dit…

Alors que je parlais a un français récemment, la crise n'est pas du tout perçue (en tout cas pas dans la même ampleur).

Quand aux remarques sur l'apport des sociétés de consulting (les firmes YAKA) j'aime beaucoup ce sarcasme...

A noter que dans cette situation les managers ne savent souvent plus trop quoi faire en matière de gestion de personnel (mais savaient-ils avant ?) et tous sont dans l'attentisme...

Quand je pense que dans un dernier sondages, les gens pensent que Blair aurait sûrement fait mieux que Brown. Ils ont la mémoire courte (mais ca on sait), ca cela revient a dire que le principal atout de Blair est de déguiser la vérité et de faire passer a coup de "spin" les mauvaises nouvelles... c'est sur Brown est moins doué, plus "brut" mais la réalité reste la même.

Monsieur Glob a dit…

Mado> ben oui mais bon comme il fait beau (c'est tout relatif), il a tellement d'autres choses a faire.

Guillaume> desole pour la deuxieme partie... il faut que j'alterne post techniques et post pédagogiques.

Vonric> je te rassure les managers dans cette "industrie" savent quoi faire. Dans ce pays cela se nomme P45. Pour Blair/Brown, tout a fait d'accord avec toi, mais Blair était plus classe et sans doute plus malin.

Anonyme a dit…

j'ai du mal à percevoir la nature de ces "fonds souverains", qui investissent sans beaucoup de succès depuis un certain temps... alors je reprends ce post pour vous poser la question de leur nature et de leurs objectifs, car vous êtes proches, si j'ai bien compris, de leurs activités...
Eric

Monsieur Glob a dit…

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fonds_souverain

Wikipedia, mieux qu'un long discours.

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