jeudi, juillet 24, 2008

Ma vision du marché à 6 mois


Autant la première chute était assez facile à prévoir avec une belle atmosphère de bulle (surtout dans la City !!), des déséquilibres flagrants entre les marchés actions et les marchés de crédit, une trop plein de dette à vil prix, la dégradation des marchés immobiliers et blablabla. Je ne commente pas plus, tout est dans la presse, de la Gazette de la Presqu’il au Figeac Express…

Ce qu’il pourrait se passer est plus intéressant à analyser. Un CAC40 qui frôle les 4000 points avant de rebondir de 10%, cela nous laisse tout de même avec une jolie baisse de 21.6% depuis le début de l’année. Les indices internationaux ne sont pas en reste avec des baisses du même ordre.

Un esprit contrariant pourrait penser que nous avons touché le fond et que le rebond est proche. Tout contrariant que je suis, je rejette cette hypothèse et pense que le processus d’ajustement devrait encore durer quelque temps. Les vieux loups des marchés financiers décomposent les crises en 3 temps:
  • Une période de négation, ou l’on ne voit le choc que comme temporaire et ou l’on clame que tout va bien. Souvenez-vous pour l'immobilier.
  • Un temps d’acceptation, lorsque l’on réalise que "ben oui finalement c’est la crise et que c’est comme ca, que tout etait un peu trop beau avant pour durer".
  • Une capitulation finale signalant le fond du trou, comme en 2002-2003 : "Internet ca ne marchera jamais, les islamistes vont envahir l’Amérique et comme de toutes façons toutes les sociétés truquent leurs comptes comme Parmalat ou Enron, c’est la fin du monde !! "

J’ai tendance à écouter la voix de la sagesse en ces temps agités. Nous devons être au milieu du gue de notre période d’acceptation. Pas totalement vers la fin car les performances publiées (j’insiste sur ce mot) des entreprises ne se sont pas encore dégradés suffisamment, les consommateurs n’ont pas encore trop réduit leurs habitudes de consommation, l’atmosphère ambiant n’a pas encore fini d’entamer les carnets de commandes, le deleverage de nos économies n’en est qu’a son commencement et les analystes et investisseurs n’ont pas encore tout intégré dans leur petits modèles Excel.

Pour ce qui est de l’inflation et du prix des matières premières, je reste persuadé que cette crise sera déflationniste à terme et que les développements de capacités et la baisse de la demande permettront une correction des prix. Un baril dans les 60-80 dollars est bien possible.

Pour les pays émergents, je suis prudent. Etre une usine pour les pays développés c’est bien, mais lorsque ceux-ci ont des besoins en baisse, l’outil de production est moins utilisé, les performances se dégradent rapidement en raison du fort effet de levier de vos couts fixes et les restructurations sont souvent douloureuses. A plus long terme leur potentiel est inchangé, mais une salutaire petite crise pourrait permettre de saines reformes structurelles.

Et puis, soyons réalistes sur tout ce que je viens d’écrire, en fait je n’en sais rien !! Je ne suis pas Madame Soleil non plus!

vendredi, juillet 18, 2008

Ce que j'en retiens


Ce que je retiens de ce premier semestre de gestion de portefeuille :

  • Prendre une position sur la direction du marché grâce a une bonne analyse macro-economique et sectorielle et en fonction de cela allouer ou non ses actifs. Une grosse part de la « performance » est du a cela.

  • Anticiper les mouvements sectoriels.

  • Eviter de prendre des paris directionnels sans faire une véritable analyse fondamentale comme cela a été fait sur mes positions de vente a découvert (je me suis fait peur).

  • L’analyse financière sur de petites valeurs peu suivies et massacrées offre le meilleur couple risk/return possible.

  • Garder un œil sur les courbes lors d’un pari de reprise à la hausse d’une valeur massacrée comme ce fut le cas sur Veolia. Si pas d’inversion de tendance sortir.

  • Le temps passé est trop important pour que cela vaille vraiment la peine pour un particulier qui n’a pas que cela a faire.

  • La taille du portefeuille et la courte période d’investissement ne signifient pas grand-chose sur la performance actuelle.

  • Se dire que la chance y est pour beaucoup

jeudi, juillet 17, 2008

Suivi du portefeuille




Tout le monde s’en tape mais comme c’est « Mon blog », je fais un petit point sur « Mon portefeuille » pour la première partie de l’année (au 30/06/2008). Je ne signalerai plus ce que je vends ou achète. Il faudra donc me faire confiance pour les dates et prix des transactions. Promis pas de back-dating. Cela serait trop facile.

Rappel des épisodes précédents : une liste de valeurs suivies, une approche très bearish (qui se valide), 7000€ cash au 01/01/08, 1000€ par ligne et 3 lignes a découverts max soit 3000€, la liberté d’investir dans la liste de valeur ou pas et cela sans frais, sans rémunération du cash, sans cout de vente a découvert mais avec les dividendes.

Performance des indices: sans commentaire tellement la chute est significative (-21%) et cela ne va pas en s’améliorant... Dans les valeurs que je souhaitais suivre bérézina intégrale, Altran et Nexans mis a part. Même les moins risquées sont sérieusement attaquées en raison d’une revue à la baisse des valorisations et de perspectives décevantes en particulier pour Veolia à -43.2%. J’ai bien fait de ne pas trop y toucher.

Mon portefeuille: nous sommes toujours dans le vert vif. La performance est bonne a +10.6% soit 31.6pts au dessus des benchmarks pour seulement 860€ investis cash en moyenne et 3 519€ en risque en incluant les ventes a decouvert. Peu de prises de position mais des paries en parti gagnants sur des baisses sectorielles et des prises de position value.

Operations à noter : la vente de Veolia avec un très bon timing (et surtout beaucoup de chance) suite au versement du dividende. Le cours ne remontait pas après une forte baisse, il y devait y avoir une raison. Il y en avait une, le service communication financière préparait les analystes à un profit warning. Pratique qui consiste a appeler les bureaux d’études et leur dire que oui tout va bien mais que le dollar est un peu haut et le pétrole un peu cher. Aucune information confidentielle n’est communiquée mais tout le monde a compris. Les révisions des objectifs d’analystes se succèdent alors sans aucune annonce de la part de la société (8-10 euros pour certains) et le cours sombre progressivement sur quelques jours. Le jour du profite warning, baisse modérée car tout est déjà dans le cours. Cela évite les gros titres dans les journaux, mais le petit porteur comprend alors son malheur...

Débouclage des ventes a découverts sur Saint-Gobain et Nexity. On pourrait jouer une poursuite de la baisse dans un grand élan moutonnier, mais en bon père de famille, je préfère prendre ma belle plus-value maintenant et réduire le risque du portefeuille alors que le marché est déjà très bas. Je conserve Fimalac, car si les actionnaires veulent sortir la valeur de la cote, ils pourraient avoir intérêt à la laisser chuter. J’estime que mon risque est couvert par les plus-values déjà réalisées.

Je suis rentré dans Systran sur la base d’une analyse purement value et suivant la montée au capital d’Amiral Gestion. De même que pour Auto Escape, le montant en trésorerie couvre une très grande partie du risque. Le timing aurait pu être meilleur mais je ne suis pas inquiet. Auto Escape, je conserve. Le potentiel est toujours la et la société continue de signer des partenariats. Je sortirai si je ne valide plus la stratégie de la société.

Ce que je retiens de ces 6 premiers mois et ma vision du marché au prochain numero...
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