mercredi, septembre 17, 2008

La lucidité d'un vieux lion


Je comptais vous faire un petit post sur les derniers événements et puis je suis tombé sur une interview de David de Rothschild dans le Figaro. A quoi bon réécrire ce qu’il dit très bien.

Sa vision des choses est claire et posée. C’est une très grosse crise mais la panique n’est pas la solution. Comme il le dit « Plus on entrera dans une spirale de perte de confiance, plus on aggravera la crise ». Je partage son point de vue sur le risque systémique. C’est un risque qui existe mais les autorités l’ont pris en compte et font ce qu’il faut de manière très intelligente.

Les raisons de cette crise sont très bien expliquées :

De 2005 à la mi-2007, nous avons connu une période faste de croissance continue, d'inflation modérée et de liquidités abondantes. Dans ce contexte, les banques ont voulu maximiser leur rentabilité pour leurs actionnaires, ce qui revient mécaniquement, dans ce métier, à prendre des risques plus élevés. Le financement étant à l'époque facile, il s'est produit une perte de repères, aboutissant à des analyses erronées des risques, à un manque de lucidité. De plus, les banques ont emprunté massivement et constitué des actifs très, très supérieurs à leurs fonds propres. On appelle cela l'effet de levier mais celui-ci n'est viable dans des proportions très élevées que dans la mesure où l'on ne rencontre pas le moindre problème… Enfin, les banques ont développé un modèle de distribution par lequel elles diffusaient les crédits sans les conserver. Modèle qui s'est révélé défaillant, puisqu'elles ont dû, in fine, reprendre les risques sur leurs propres bilans.


Les conséquences sont tout à fait lucides :

Cette crise aura fortement marqué les esprits, bien plus encore que l'explosion de la bulle Internet par exemple. Je crois qu'il faudra longtemps avant que l'on voit revenir un système fondé sur l'excès de levier. Le crédit sera sans doute, hélas, dans l'avenir immédiat moins abondant et plus coûteux.


On reconnaît le banquier qui a les pieds sur terre et est conscient de son rôle dans la société (ce qui malheureusement n’est pas toujours le cas dans ce milieu) :

Les banques ont une forme de responsabilité collective, non seulement vis-à-vis de leurs déposants, mais également au regard de la société


Seul bémol et point de désaccord, la situation macroéconomique n’est pas bonne et risque de continuer à peser sur la sante financière des banques. A titre d'exemple: les banques britanniques vont au devant de grandes difficultés en raison de leur exposition à leur marche immobilier.

Pour terminer, je souligne qu’il n’est peut être pas le banquier le plus représentatif, sa banque (Rothschild & Cie) n’ayant que des activités marchés et de crédit extrêmement limitées se focalisant sur le conseil et la banque privée. Ceci etant: Merci Monsieur de Rothschild de cette belle interview!

11 commentaires:

Anonyme a dit…

Désolé M. Glob, mais là je suis loin d'être d'accord!! Un tel article ne peut être réservé qu'au touriste en mal de propos rassurants... Car imputer l'origine de la crise à l'abondance de liquidité, sans inflation, dans une période de croissance, durant les années 2005/2007, qui aurait poussé les banques à prendre des risques pour répondre à l'obligation de satifaire les actionnaire... c'est disons le déconnant!
L'autre versant qui joue la respectabilité des intervenants qui ne sont plus près à refaire ce qu'ils ont fait en laissant leurs clients se servir du fameux levier... c'est disons le déconnant!!
J'en veux pour preuve les crises successives depuis les années 80, qui ont toutes sanctionné le même type de comportement sans que des mesures claires et efficaces aient été prises. Au contraire ce temps n'a été utiliser qu'à déréglementer!! Je reviens sur cette éventualité que j'ai émise avec conviction, à savoir l'importance du caractère délictueux des opérantions engagées. Qui ne l'étaient plus à partir du moment ou l'on s'est attelé au démantèlement des règles. Alors passons au terme crapuleux.
J'en ai une expérience personnelle pour avoir vécu et géré la crise de l'immobilier des années 90 en France. Je suis au regret de vous dire que l'essentiel des dossiers en contentieux de la place étaient de nature crapuleuse. Les intervenants pro de l'immobilier de l'époque avaient simplement transformé les actif immo en véhicule de spéculation... comme d'autres l'ont fait plus tard sur des titres de dette (souvenez vous qu'à la fin des années 80 les marchands s'échangeaient des simples compromis moyennant plus value sans se titrer. Le compromis était devenu ce véhicule, avec le même coefficient de risque prix par le joueur, c'est à dire nul, l'argent de l'authentification de l'acte n'étant libéré qu'en cas de gain et la même nature de levier, le dépôt de garantie de 5%, quand il était versé!, permettant des investissement 20 fois plus importants) Dans ce contexte particulier, les banquiers qui ont suivi à l'époque étaient bien souvent complice, à minima objectifs, mais aussi très souvent en réel au travers des gratifications et autres largesse (qu'on qualifie de corruption dans les pays en voie de développement!). Sachez que lors de la mise en route de la bulle internet, à laquelle j'ai assisté en tout début, on retrouvait pour l'essentiel les mêmes intervenant qui avaient opéré dans l'immobilier, et qui ont utilisé les même grosses ficelles...
Il en a été de même pour la crise des "subprimes", et c'est sans étonnement que j'ai lu dans les dépêches AFP d'il y a quelques jours, que 2 courtiers du Crédit Suisse se sont retrouvés accusés d'escroquerie, à hauteur d'1 milliard de dollards, excuser du peu, dans le cadre de cette crise. Et je suis convaincu, que comme cela a été le cas pour l'immobilier des années 90 (souvenez cvous des tours BP de la défense, Pellerin, Seeri et Saari) l'essentiel de ce monstrueux crash est crapuleux..
Alors désolé M. Glob pour avoir été aussi long, mais si M. R du F essaye de nous prendre pour des quiches, c'est loupé...
Eric

Monsieur Glob a dit…

Eric> Je suis assez embêté… Que dire ?… Que répondre ? Je ne te ferai pas changer d’opinion et je serai difficile à convaincre que « tous pourris ».

Le propre de la bulle est que personne ne s'en rend compte jusqu'à ce qu’elle éclate. Demande à ton nouveau voisin qui vient peut-être d’acheter son appart… Il pensait comme tout le monde que ca ne baisserait pas.

Le problème de la finance (et du levier financier) est que l’on trace des traits vers le haut (jusqu'en Juillet 2007) ou vers le bas (comme maintenant), mais que l’activité économique, c’est comme la vie avec ses hauts et ses bas…

Anonyme a dit…

non, je ne crois pas non plus au "tous pourris"... Mais identifier les raisons de cette cata vaut mieux que cette approche simpliste de M. R. Par contre parler de réglementation, par exemple, alors que l'on s'aperçoit bien aujourd'hui que le contraire était criminel, remettre "pour de vrai" au gout du jour la responsabilité du banquier face à son déposant : alors là oui, je suis preneur! Mais quand le banquier devient prêteur sur gage, c'est comme le patron de bistrot qui commence à boire : ça fini toujours dans le vomi! Et il est rare de ne pas en mettre partout... :-))
Alors dans le genre d'article simple et clairvoyant je préfère celui ci
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2170
Et que l'on ne vienne pas me dire que ce monsieur est communiste!
Eric

Anonyme a dit…

et puis pour le levier, c'est comme tout : si tu dis à celui qui l'utilise que si ça lui pête à la gueule c'est lui qui règle la note, c'est pas pareil que lorsqu'il sait que la casse c'est payé par les autres, le bonus c'est lui qui le ramasse. En fait le levier, il y a le garagiste qui s'en sert pour réparer ta voiture... et le voyou pour cambrioler ton appart. Alors on dira ce que l'on veut, l'intention n'est pas la même... pas plus que le résultat d'ailleurs... (quoi que certain garagistes... :-))
Et en général, la facture est plus rude pour remplacer ton mobilier que pour repartir sur quatres roues.
Pour un même effet (de levier of course), toute choses égale par ailleur!!
Eric

Monsieur Glob a dit…

Deux autres articles pour faire avancer le debat:

http://www.latribune.fr/info/Titrisation--la-meilleure-et-la-pire-des-choses-~-IDB6C0985E7F61C0C6C12573FB0031464D

Et

http://www.icahnreport.com/report/2008/09/we-pay-so-much.html

Anonyme a dit…

M. Glob,
pourrais tu recommuniquer les coordonnées de l'article sur la titrisation? Par avance merci...
Eric

Monsieur Glob a dit…

Eric> Le lien ci-dessus fonctionne.

Sinon recherche dans google.fr sur : "levy lang esope"

Tu as vu finalement tout va bien aujourd'hui... ;-)

Anonyme a dit…

ben oui, finalement, c'est même l'euphorie! Comme le type qui vient de casser sa voiture et qui se dit que finalement avec l'argent de l'assurance... :-))
Et puis tu sais, M. Glob, il semble que le soleil revienne pour de bon ici, alors une belle balade en buggy sur la plage, ça va me changer un peu les idées... sans taxe piknik!
Eric

Anonyme a dit…

M. Glob, as tu lu l'explication avancée chez l'ami Tropical Bear?
Eric

Monsieur Glob a dit…

Eric>

Il a sans doute raison lorsqu'il dit que la recession ne s'interdit pas.

Pour ce rebond, je penche plus pour un mix: technique + fin du delire (D de R n'avait pas tord comme je te le disais...) + plutot bonne nouvelle en soi.

L'impact total de Lehman n'est pas encore connu, les donnees macro ne sont pas bonnes et les vrais pb sont encore a venir (chomage, baisse de l'activite, des financements, default sur les credits, poursuite de la chute des prix immo...).

Est-ce que tout cela est pris en compte dans les indices boursiers? Je n'en sais rien... mais je ne le crois pas.

Bonne plage!!

Anonyme a dit…

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2008/sep/16/economics.wallstreet... avant de partir bronzer!
Bon ouik M. Glob!
Eric

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